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Nous pouvons recevoir les quatre composantes de ce processus en répétant ce que nous avons entendu dire à notre interlocuteur et en vérifiant avec lui l’exactitude de notre paraphrase. Ce renvoi l’informe de la façon dont nous avons interprété son message et lui procure l’occasion de nous corriger si nous nous sommes mépris.
Nous pouvons aussi poser des questions complémentaires pour nous assurer que nous avons bien compris notre interlocuteur comme il le souhaitait. Elles peuvent porter sur ce qu’il observe: “Est-ce que tu réagis au nombre de fois où je suis sorti la semaine dernière?” ; sur ce qu’il ressent et sur les besoins à l’origine de ses sentiments: “Es-tu blessé parce que tu aurais aimé davantage d’appréciation pour tes efforts?” ; sur ce qu’il demande: “Veux-tu que je précise les raisons que j’avais de te dire ce que je t’ai dit ?”
En posant ces questions, nous devinons d’abord, puis nous vérifions. Remarquez la différence entre ce type de question et celle où l’on demande simplement des informations comme, par exemple: “A quoi fais-tu allusion?” , “Comment te sens-tu?”, “Pourquoi penses-tu cela?”, “Que veux-tu que je fasse?”
En pratiquant la CNV, nous devons aussi être réceptifs aux demandes liées aux sentiments et aux besoins de l’autre.
Imaginez par exemple qu’un ami nous déclare qu’il est très découragé de ne pas avoir été engagé pour un poste qui lui tenait à coeur. Nous avons manifesté de l’empathie pour son découragement et percevons qu’il attend quelque chose, en plus de notre empathie. Nous pouvons alors vérifier ce qu’il désire par une question de ce type: “Est-ce que tu veux que je te communique d’autres postes qui pourraient t’intéresser?” ou “Je suis triste que tu n’aies pas obtenu ce poste. Y a-t-il quelque chose que je puisse dire ou faire qui t’aiderait dans cette situation ?
“Etre avec” ce qui se passe dans l’autre
En général, il est bon de permettre à notre interlocuteur d’exprimer totalement ses sentiments et ses besoins et de sentir notre compréhension avant de tenter de clarifier ce qu’il demande. En passant à ses demandes avant qu’il soit convaincu que ses sentiments et besoins ont été totalement compris, nous pouvons facilement lui donner l’impression d’être pressés et de ne pas nous intéresser sincèrement à lui. Très souvent, son message initial n’est que la partie émergée d’un iceberg, dans la mesure où beaucoup de sentiments connexes n’ont pas encore été formulés. En restant attentifs à ce qui se passe en son for intérieur, nous lui donnons la possibilité d’explorer profondément ses sentiments et de les exprimer complètement.
Deux choses peuvent se produire qui nous confirment que nous sommes restés assez longtemps présents. Premièrement, quand
l’autre a l’impression que tout ce qui se passe en lui a été reçu avec empathie, il éprouve un soulagement. On perçoit ce soulagement par un relâchement de la tension dans notre propre
corps. Deuxième signe, encore plus évident, quand il se sent suffisamment compris dans l’immédiat : il cesse de parler. Si nous désirons nous assurer davantage que ce qui se passe en lui
a bien reçu assez d’attention, nous pouvons encore lui demander: “Veux-tu ajouter quelque chose?”